Dan Deacon fait danser L’Olympic !

Mercredi le festival Super mon amour faisait un détour parmi nous et si on a loupé le premier groupe –la faute au soleil en terrasse– écouté d’une oreille plus que circonspecte le deuxième, Dan Deacon a tenu toutes ses promesses de live de fête foraine.

La salle encore une fois en semaine est à moitié vide. Les 2 premiers groupes jouent sur la petite scène installée devant la grande. Je ne parlerais donc pas de Baths pour les raisons que j’évoque plus haut. Aux ouïe-dires on a pas loupé grand chose.

On arrive pour Rainbow Arabia. Un duo californien avec mademoiselle à la guitare et au chant et monsieur au clavier et machines. Leur electro va chercher dans les sonorités world, djerbouka arabes, rythmes africains et autres sons exotiques. Cela pourrait être intéressant sauf que la frontière est très ténue avec la world-dance et vite franchie… Et la demoiselle en rajoute des tonnes en pas de danse sensés être envoûtants… Et je ne parlerais pas de son passage « je fais l’amour par terre » au milieu d’un public pas vraiment conquis.

Mais peu importe ce debut de soirée, en fait la salle est venue pour Dan Deacon. Il installe son praticable et ses machines devant la petite scène. Le set s’annonce intimiste, le public se presse entre lui et la régie 3, 4 mètres derrière. On est loin du DJ caché derrière ses laptops sur sa scène à nous regarder (parfois) de haut, et c’est bien.

Pour présenter Dan en quelques mots, le jeune homme vient de Baltimore, a la trentaine bedonnante, fait des disques depuis 2003 environ et le dernier Bromst en 2009 est tout simplement génial. On compare son électro à  Animal collective pour ses morceaux construits en couches successives et qui montent en densité jusqu’à des explosions joyeuses et foutraques. Mais il a son propre univers bien barré avec ses bidouilles psyché et inventives, il sait nous tenir en haleine de la première à la dernière note, hypnotique et farfelu. Et surtout comme en témoignent les nombreuses vidéos que l’on peut voir sur Internet, on ne s’ennuie pas à ses concerts.

Comme il nous l’explique, il commence avec un morceau avec lequel il ne commence pas habituellement, on comprend vite pourquoi : un son fou furieux se déverse sur nous accompagné d’une vidéo hypnotique et d’un crâne vert stroboscopique. C’est un peu violent, j’ai peur un instant de devenir épileptique mais il repart vite avec un tube de Bromst plus dansant et c’est parti ! Il enchaîne quelques morceaux avant de demander de rallumer la lumière et de proposer une première battle de danse dans le public. Il prend le micro et fait le MC : à cour, c’est le coté du Mal et il faudra danser en s’inspirant de Jurrasic Park et à jardin* nous sommes le bien et on doit danser comme Avatar… Toutes les 10 secondes les danseurs s’enchaînent tout le monde joue le jeu – mais on a aussi le droit de se planquer derrière les copains – et puis cela repart en danse générale.

Un peu  plus tard, c’est son VJ** qui vient nous montrer la chorégraphie à suivre : tout le monde s’exécute, on est venu pour cela et s’il en avait été autrement on aurait été sacrément déçus. Pour moi c’est un peu l’animateur de mariage parfait ; il est drôle, il fait participer tout le public et sa musique est joyeuse et inventive ! Le seul reproche évidemment c’est que ça ne dure pas très longtemps, une petite heure et c’est plié, pas de rappel, il remballe ses câbles, ses machines et des pédales d’effets en serrant des mains, tout le monde est suant et content.

* à cour et à jardin voir notre explication dessinée
** VJ = vidéo jockey comme de DJ mais pour la vidéo
(tout bientôt une galerie de portrait de tous les métiers du spectacle)

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