Festivals around the world Part.1

Les voyages forment la jeunesse, qu’ils disaient.. Ok, mais le top à l’étranger pour se mélanger avec les locaux reste encore de faire une bonne grosse fiesta, un festival par exemple. Dans n’importe quel pays une scène reste un gros tas de ferraille, un bar reste un bout de bois sur lequel on pose son godet, le public lui, n’est jamais identique à un autre, même à l’ époque de la culture worlwide standardisée. Et c’est là que ça devient intéressant, voir comment ça se passe ailleurs, l’ambiance, l’atmosphère, la technique, l’organisation, les gouts et les couleurs de la programmation…  On a eu la chance d’en faire quelques uns, voici notre modeste petit tour du monde des festivals.



Falls Festival, Lorne
, Australie, Décembre 2000
www.fallsfestival.com.au

On commence avec le plus lointain, dans le temps (eh ouais 10 piges..) et dans la distance (20000 bornes, ouch !). Le Falls se tient chaque année pendant trois jours autour du nouvel an, qui tombe, hémisphère sud oblige, au cœur de l’été austral. Ça se passe à Lorne, une bourgade au bord de la mer à deux heures de route au sud ouest de Melbourne. Pour y aller, des navettes vous font traverser des kms de forêts d’eucalyptus avant d’arriver au site, un type monte à bord du bus et vous fixe un bracelet au poignet. Le contrôle est terminé, on ne vous demandera plus rien pendant trois jours, ça commence beaucoup plus free que chez nous et ça, ça fait plaisir. Forcément il fait 40°c à l’ombre et l’arrivée au camping ressemble à un immense camp de vacances pour teenagers comme on en voit dans les films américains. Les australiens sont du genre organisés quand ils font du camping, certains montent de véritables campements de luxe entre plusieurs vans VV avec tapis, canapés, frigo, etc…
Le festival se déroule sur deux scènes, l’une en plein air qui parait montée en fixe et un chapiteau électro. La tête d’affiche du week end est Silverchair (The Chair comme disent les locaux), groupe culte de la génération grunge australienne. Le groupe se faisait rare depuis quelques années, il donna ce soir là son seul concert de l’année 2000. Le show commença à minuit pile le 31 au soir, après le traditionnel décompte du nouvel an, en même temps qu’un gros feu d’artifice. Bien que n’étant pas du tout fan du groupe, il faut admettre que ce fut un très bon concert. On verra aussi The Avalanches, un groupe pop-électro bidouilleur qui eut son petit succès en Europe l’été suivant (notamment à La route du rock), John Butler Trio qui explosera plus tard dans le monde entier, et un nombre incalculable de groupes néo-métal sans intérêt dont raffole la jeunesse australienne. Niveau électro, je me rappelle d’une musique vraiment à la traine par rapport à ce qui se faisait en Europe à cette époque là, on a entendu qu’une sempiternelle house music de club, déjà largement dépassée. Les Dj set des Freestylers et Groove Terminator relèveront le niveau au ptit matin sur la grande scène.
Le festival existe toujours avec des têtes d’affiche toujours plus importantes. La date est la même mais il se déroule désormais sur deux sites simultanément, à Lorne et à Marion Bay en Tasmanie.

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FIB, Benicassim, Espagne, Aout 2000 et 2001
www.fiberfib.com

Vu de notre bretagne grisaillante, le festival de Benicassim situé dans la petite station balnéaire du même nom, à une cinquantaine de kms au nord de Valence, a tout de l’éden du festivalier. La mer, le soleil, la fête et une grosse affiche pop-rock/électro, voila le cocktail qui motive à faire les 1300 kms qui nous séparent du paradis. Et effectivement en arrivant tout y est, 35°c à l’ombre, la mer à 25°c, plusieurs scènes et chapiteaux qui tournent entre 16h et 8h du matin, suivis d’afters ou de befores, on ne sait plus… Le tout dans une ambiance dancefloor no limit, et oui Ibiza n’est qu’à quelques kms en bateau. Le public arrive de toute l’Europe, les anglais représentent la majorité des festivaliers étrangers. Ce qui impressionne, c’est le nombre de services qu’offre le festival. Par exemple, tout le camping est recouvert de bâches genre toile de jute pour protéger les tentes du soleil. Il possède son propre bar ouvert 24h/24 et des dizaines de prises électriques pour recharger son téléphone, ce qui n’était pas évident il y a une dizaine d’années. Ici pas d’ horribles toilettes en plastiques, tout est construit en dur, plusieurs espaces douche en plein air de 20 m de long tout en béton sont là pour se rafraichir. Bref une très grosse ambiance et une belle organisation au service d’un seul but : la fête !
À l’intérieur du site, l’ambiance est énorme, le public vogue au gré des basses furieuses des différents espaces qui finissent par se mélanger, un immense chapiteau chill-out est la pour se poser un peu, voire faire une sieste pour mieux repartir. Bien sûr on peut entrer et sortir du site autant qu’on le veut et les bars servent de tout, pas uniquement de la bière sans bulle comme souvent en France. À l’extérieur, des minis free-party éphémères s’installent puis se déplacent dans des petits coins planqués. Niveau musique, on se rappellera pour l’édition 2000 du très bon concert de Placebo, des regrettés Elastica et Pizzicato Five, de la furie contagieuse des Bentley Rythm Ace et de la nuit Rephlex sous un chapiteau de cirque avec Aphex Twin et ses copains. De bons souvenirs aussi en 2001 avec Pulp, PJ Harvey, Divine Comedy, Ash, Basement Jaxx, Fatboy Slim, Freestylers, The Avalanches… En résumé, des bonnes programmations et une ambiance de fiesta sans limites, voila la recette qui a fait le succès de Benicassim.

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Dour Festival, Belgique, Juillet 2006
www.dourfestival.be

Le Dour festival présente chaque année une affiche parmi les plus alléchantes d’Europe. Dans tous les styles, de l’indie au dub, du métal à l’électro, du reggae au hip-hop, avec rarement de grosses têtes d’affiche, le festival conservant son esprit frondeur, indépendant et défricheur qui a fait sa réputation dans toute l’Europe. Une liste de groupes impressionnante (200 cette année !) pendant quatre jours sur sept scènes ! En gros tous les groupes qui ont eu la moindre petite actu pendant l’année y sont programmés, et le public répond présent, venu en nombre de Belgique, de France, d’Allemagne, de Hollande, d’Angleterre,… Alors on y fonce, attiré par cette si rare programmation qui mêle pour une fois qualité avec quantité.

Et c’est une fois là-bas que se lance une grande réflexion philosophique et on se demande comment on a pu ne pas y penser avant: « sept scènes c’est bien, mais je suis un, et pas sept » autrement dit « je ne verrais au mieux qu’un septième de cette superbe affiche », pas glop… Les programmes étant de plus introuvables sur le site, on se retrouve vite à déambuler entre les deux grandes scènes et les cinq chapiteaux, avec l’impression de ne rien voir et de passer à côté de tout ce qu’on était venu voir. Les concerts étant de plus très courts, on ne voit au mieux que dix minutes par là, quinze minutes par là, le dernier morceau par ici…Au final, sur deux jours passés là-bas, on ne se rappelle que de quelques concerts, Mudhoney, Adam Green, Puppetmastaz, Missill, peut être un petit bout d’Animal Collective et des Georges Lenningrad…maigre récolte…
L’autre gros soucis du festival est l’omniprésence de la publicité sous toutes ses formes qui défigure complètement le site, et c’est là qu’on se dit qu’on a du bol en France ou la majorité des festivals touchent des subventions. Là, on tombe dans la caricature avec une allée entière de camions promotionnels, ou l’on peut au choix, se faire masser par une hotesse Coca-Cola, laver ses fringues avec la lessive Humo, recharger son téléphone chez Proximus et même s’inscrire en intérim au camion Randstad !! Sans oublier les immenses panneaux de pub visibles depuis le camping, les nombreuses affiches sur les cotés des scènes et le camion Toyota avec son DJ sur le toit avec des gens qui font la queue pour monter danser !! Indie le festival ??

J’en mets une dernière couche sur l’état du site et j’arrête là. Le site internet annonçait un « green festival » et en effet il y avait bien des panneaux de tri de déchets sur le site… mais sans poubelles en dessous ! On a donc vu des pyramides impressionnantes de déchets se former et le site se transformer en véritable dépotoir, camping inclus. Sans parler des nuages de poussières dignes d’une tempête saharienne qui vous asphyxient…
Bref, si vous avez du mal à gérer votre agenda habituellement, si vous êtes un minimum attaché à la qualité de l’environnement et que vous êtes allergique à la publicité, n’allez surtout pas au Dour festival !!

La suite très bientôt avec le Festival d’été de Québec, le Hegyalja en Hongrie et le Guca Trumpet Festival en Serbie !

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