De retour d’Art Rock, le récit de la soirée du vendredi

Grosse affiche pour cette première soirée sur la place Poulain-Corbion de Saint-Brieuc, The Hives et The Jon Spencer Blues Explosion nous ont offert une grande soirée de rock’n roll qui rappelait le Art Rock d’il y a quelques années, quand le festival recevait Sonic Youth, Blonde Redhead, Liars ou The Kills.

Arrivés en fin d’après midi sous une pluie battante, on fait un premier détour par le village du festival sur la place de la résistance. Un grand chapiteau blanc accueille « Rock and Toques », ou des grands chefs locaux cuisinent des burgers design et autres plats de cuisine de rue un peu haut de gamme. Sous le même chapiteau, « les musiciens du métro » se succèdent sur une scène estampillée RATP (?), on ne s’éternise pas…  On jette un oeil à l’expo Miss.tic dans l’ancien Monoprix, la reine du pochoir de rue a réalisé l’affiche du festival et des fresques un peu partout sur les murs du centre ville. Le travail de Miss.tic perd beaucoup de son sens une fois exposé dans un ancien supermarché, ça sent pas mal l’auto-récupération alors que ses oeuvres dans les rues sont plutôt intéressantes habituellement.
Dernier détour par l’expo d’arts numériques, et là, très bonne surprise, même si l’expo est plus petite que celles présentées par exemple à Scopitone, les oeuvres sont d’une grande qualité. Des enfants essaient tant bien que mal d’enterrer des petits vers de terre numériques qui ressurgissent toujours d’un bac à sable, des petites bêtes se promènent dans un écran tactile et vous montent sur le bras quand vous approchez votre main, un peu flippant mais rigolo. Le chef d’oeuvre est à l’étage avec « Enigmatica III » de l’australien Kit Webster, oeuvre présentée pour la première fois en France. Une suite de cadres blancs de taille décroissante sur lesquels sont projetées des formes et des lumières dans un effet 3D assez bluffant, sur fond de musique techno assez sourde, très réussi.

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On arrive finalement devant la grande scène du festival, sur la place Poulain Corbion recouverte d’un immense chapiteau blanc, heureusement d’ailleurs car la pluie redouble d’intensité. On a raté Hindi Zahra qui a joué en premier, tant pis, on s’en remettra… A 20h, c’est Staff Benda Bilili qui prend possession de la scène. Les congolais, pratiquement tous atteints par la polio, héros du documentaire du même nom qui leur est consacré, arrivent donc avec fauteuils roulants, béquilles, guitares, percussions bricolées… et une bonne humeur irrésistible qui va très vite contaminer le public. Leur rumba africaine, rythmée et chaleureuse, ne sonne pas variet’ pour un sous, dénuée de claviers sirupeux et autres artifices, elle nous emmène la où on les découvre dans le film, dans les rues de Kinshasa. Le gamin du film, le Hendrix de la guitare fabriquée avec une boite de conserve et une ficelle est là aussi, il a bien grandi, toujours aussi impressionnant. A la fin du concert, la pluie s’arrête et le soleil envahit le site.
Pour ceux qui n’ont pas vu le film, on vous met la bande annonce ci-dessous, à voir absolument ! Le groupe sera à Rezé en concert gratuit le 18 juin au festival Antibémol, le 19 juillet à Rennes au festival Quartiers d’été, le 07 aout à Crozon au festival du Bout du Monde.

On change complètement d’univers avec The Jon Spencer Blues Explosion. Le trio New-Yorkais arrive sur scène après un line-check assourdissant. Comme d’habitude, le concert est nerveux, sauvage, un blues-punk toujours sur le fil du rasoir. Le son est fort mais bon, saturé comme il faut. Le groupe envoie en fait un espèce de meddley de tous ses albums, ACME, Plastic Fang, Damage… Les morceaux durent une minute ou deux, s’enchainent à un rythme éffrené, ne laissant que très peu de place au public pour applaudir. On a déjà croisé le lascar à plusieurs reprises, et il faut bien avouer que ce concert fut l’un des meilleurs qu’on ait vu. On notera aussi les lumières bien choisies, sobres, monochromes, bleues au début, rouges par la suite, sans projecteurs automatiques qui tournent dans tous les sens, bien vu.

On arrive à la tête d’affiche incontestable de la soirée, peut être le meilleur groupe du monde sur scène, j’ai nommé The Hives. Le changement de plateau paraît tendu, deux types habillés en ninja mènent les opérations (ils s’occuperont du groupe durant tout le concert), on sent bien que ça ne rigole pas sur scène… Le groupe est venu avec son décor, tout en noir et blanc, des lettres géantes « H I V E S » qui peuvent s’allumer de plusieurs couleurs sont en fond de scène. Le groupe arrive ovationné par la foule, tous les cinq portent le même costume, longues vestes noires en queue de pie, chemises blanches cols serrés, chapeau haut de forme. Le concert démarre sur les chapeaux de roues, le groupe enchainent tous les tubes de ses cinq albums pendant 1h30. Seuls deux ou trois morceaux du nouvel album qui sortira à la fin de l’année sont joués.
Le chanteur, arrogant, provocateur, branleur à souhait, s’auto-congratule avec son narcissisme au premier degré, qui fait la marque de fabrique du groupe, « Je m’appelle Pelle Almqvist et je suis le meilleur », « The Hives are eternal ». Il est monté sur ressort, grimpe aux tours de la scène, descend plusieurs fois dans la fosse. Le show est le même que lors de leur précédente tournée de 2008, le groupe se fige pendant plus d’une minute sur le dernier morceau « Tick Boom », mais The Hives est un véritable rouleau compresseur qui ne peut laisser personne immobile. C’est l’un des seuls groupes à avoir autant de tubes à son répertoire, quand on pense qu’on est tiré d’affaire, qu’on ira pas plus haut, ils enfoncent le clou encore et encore, avec une précision incroyable. On regrettera juste le son, beaucoup trop aigu, avec trop de voix et de guitares, reléguant la basse et la batterie au second plan. Le groupe était le lendemain au festival Papillons de nuit en Normandie (comme Jon Spencer), l’excellent webzine Sourdoreille a filmé le premier morceau, on vous met la vidéo ci-dessous.


The Hives – Live – Main Offender (Papillons de… par sourdoreille

On ose à peine parler de Yelle, qui a eu la lourde tache de passer après The Hives. La petite briochine jouait ce soir à domicile, devant amis, familles, etc… Le personnage nous était pourtant sympathique mais il faut bien avouer que ce concert était une CATASTROPHE !!! Une sorte de disco chanté entre Mylène Farmer et Alysée qui a fait fuir le public, on tiendra environ cinq morceaux avant de déclarer forfait… Alors ok, elle joue à Coachella, ok c’est la mode aux states, il n’empêche qu’ici ça ne passe pas, et que la musique de son nouvel album est l’une des pires m…… que l’on ait entendu depuis longtemps !! Et ça n’a rien de personnel, on y allait vraiment avec de la bonne volonté, mais ça n’a pas suffit…

En résumé, une très bonne soirée, on espère que le festival saura nous programmer d’autres soirées rock comme celle ci lors des prochaines éditions, et s’éloigner un peu du rock-variété qui fait l’essentiel de sa programmation depuis quelques années.

3 comments

  1. fabi says:

    surpris que vous n’ayez pas évoqué l’ouverture ultra-militante du show de Yelle,qui au péril de sa vie s’était couverte de plusieurs kilos d’algues vertes en soutien à sa région qui souffre.biz

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