Retour sur le Pont du Rock de Malestroit

Mission accomplie ce week end pour la 21ème édition du festival Au Pont du Rock de Malestroit (56) qui avait besoin d’un succès tant financier que moral pour perdurer. Quitte à présenter une programmation plus consensuelle que d’habitude…

Carton plein donc, avec 6500 spectateurs le vendredi et un samedi qui a affiché complet avec 12000 entrées. Le festival n’avait plus affiché complet depuis 2004. Le public a pu évoluer sur un nouveau site complètement repensé, et profiter, ô miracle, d’un site sans boue, ou l’on peut s’affaler sans crainte sur du gazon bien propre. Une bonne ambiance générale a donc régné sur le festival, le public a répondu avec ferveur aux artistes qui sont tous repartis avec le sourire aux lèvres. L’excellente météo du week end a bien sur aidé le Pont du Rock a assurer une belle billetterie mais c’est surtout grâce à une affiche moins rock que d’habitude que le festival à enregistré une telle fréquentation. Et oui cette année, pas de gloires du punk comme les années précédentes (Stranglers, Buzzcocks, Toy Dolls, Bad Religion, Bal des enragés…), l’heure est au réalisme et les fragilités économiques ont poussé le festival à mettre un peu d’eau dans son vin et se tourner vers une programmation nettement plus radiophonique, Le Mouv’ et France Inter en tête. Aucun groupe étranger à l’affiche cette année mais tout le radio rock Français était de la partie.

La scène Dragon en haut, l’espace loges en bas

La scène grenouille

Le vendredi 29/07 :
Première soirée en douceur avec seulement six groupes à l’affiche, soit trois par scène. Très bonne entrée en matière avec Furs sur la petite scène, un groupe de quatre djeun’s Vannetais qui ont gagné le tremplin de cette édition. Tendance jean slim, marcels et capuches, le groupe donne dans le pop rock type Bloc Party, avec une touche de cold wave, donnant un beau mélange sombre mais très dansant. On passe vite sur le punk rock bas-de-plafond des Dirty Fonzy, mélange entre NOFX et The Pogues… Ca enchaine avec deux concerts semblables, corrects mais sans surprises, avec Lilly Wood and the prick et son rock FM puis la tête d’affiche de la soirée sur la grande scène, Moriarty et sa pop folk  tranquillou. C’est ensuite Deportivo sur la petite scène qui offrira un concert plutot aviné au public. Son rock Français et sa poignée de tubes sont joués dans une ambiance de kermesse, le groupe invitant les filles du public à envahir le plateau. Le concert se termine par une reprise rageuse de « Territorial Pissing » de Nirvana. C’est à La Phaze qu’est confiée la conclusion de cette première soirée. De retour avec son nouvel album « Psalm and revolution », Damny et sa bande ont retourné le dance-floor avec leur mélange toujours aussi détonnant de punk et de drum’n bass avec un show lumière particulièrement travaillé.  Ils ont même réussi à nous faire oublier certaines chansons très collège rock présentes sur leur dernier disque

Le samedi 30/07 :
Toujours sous un grand soleil, la deuxième journée commence  doucement avec les locaux de Matiz Métisse, entre chansons à texte et reggae gentillet. Excellente performance ensuite de Winston Mc Anuff & the Bazbaz Orchestra, le vieux rasta super dynamique et le chanteur Libano-Français à la touffe de Jackson Five ont offert un mélange très groovy, de délicieuses chansons reggae-pop dynamisées par des claviers vintage. Le vieux rasta qui ne doit pas respecter à la lettre tous les préceptes de sa religion à en juger par les bouteilles de vin à son effigie qui l’accompagnent sur scène.

Un grand moment ensuite avec le concert de Katerine, ses musiciens et ses quatre danseuses/choristes au look de cours d’aérobic des années 80. Entre auto-dérision et troisième degré, exhibition de brioche et chorégraphies débiles, Katerine, en collant vert et bleu et tunique bariolée, passe en revue les morceaux loufoques de son dernier disque, déclenchant une pluie de bananes venue du public au moment du célèbre single. « Mais vous êtes tous devenus fous avec ces bananes ! Merci Brocéliande ! » . Surprise, Catherine Ringer rejoint Katerine sur scène pendant 100% VIP pour un enchainement mémorable avec Andy des Rita Mitsuko, un duo qui restera dans les mémoires du festival (voir vidéo). Les vieux tubes achèvent le public comme Marine Lepen et bien sur un Louxor j’adore tonitruant pour conclure le concert.
Les adolescents se défouleront ensuite sur le concert de Mademoiselle K et sa fausse crête rouge, pendant que les papas et les mamans attendront de pied ferme la performance de Catherine Ringer. La grande prêtresse du rock-variété Français, accompagné de son fils Raul Chichin à la guitare, est la tête d’affiche du week end. Son concert aura des hauts et des bas, entre des passages parfois ennuyeux consacrés à son nouveau disque et des reprises incontournables des Rita. Malgré un son d’une qualité indigne d’une telle chanteuse,  son énergie et son irrésistible charisme font chavirer un public conquis d’avance.

La jolie chanteuse Belge Selah Sue prendra la suite sur la petite scène distillant sa pop-soul de sa belle voix, pendant que The Do investira la grande scène. Présentés régulièrement comme un duo Franco-Norvégien, The Do sont en fait six sur scène pour cette tournée, avec un vrai bazar de percussions suspendues de toutes sortes, notamment de nombreux ustensiles de cuisine. Un plateau bien rempli donc avec de nombreuses petites lumières et des demi boules à facettes qui illuminent la scène par moment. Un beau concert avec des moments quand même un peu mous contrastant avec des parties vraiment aériennes et psychédéliques. Sur la petite scène, c’est le power-pop-rock de Skip the use qui conclura avec brio la programmation avec une reprise facile mais efficace de Song II de Blur.
Tout le monde se rassemble alors sur la grande scène pour la dernière performance du week end, le show vidéo-musical du collectif Marseillais Chinese Man. Les trois DJ bidouilleurs offriront un concert très généreux avec leur jazz-électro-dub-hiphop, pendant que le VJ mixe des images très classes sur deux écrans en fond de scène. Nouveauté, ils sont désormais accompagnés de deux MC’s et d’un tromboniste qui donnent une plus grande dimension live qui manquait au collectif lors de leurs précédentes tournées. Comme d’habitude, ils assassinent le public avec le désormais célèbre remix du « Pudding à l’arsenic » de Léo Le Bug.
Une excellente conclusion pour cette édition du Pont du Rock, c’était incertain mais, renforcée par le succès de cette année, l’organisation donne rendez vous au public l’année prochaine pour une 22ème édition qu’on espère un peu plus rock mais aussi ensoleillée !

3 comments

  1. faderpaper says:

    Merci du compliment ! Ca y est c’est publié sur maville/vannes, par contre impossible de retrouver l’info une fois sur le site ! Très compliqué Maville !

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