De retour de la Route du rock, le samedi

Le festival se réveille encore assourdi par les beats furieux de la veille, et malgré le marabout engagé par le magazine Paplar pour chasser les nuages, le miracle n’a pas eu lieu, et la pluie s’est une nouvelle fois invitée  à Saint-Malo.

17 h, une pluie froide et intense tombe en abondance sur le site. Pas de vent, l’eau tombe raide comme un piquet, une pluie épaisse qui vous trempe jusqu’aux os. Les premières mares se sont déjà formées quand le courageux public pénètre dans le fort. Pas grand chose pour les réconforter en arrivant, c’est Still Corners qui ouvre la soirée. Avec leur dream pop aérienne et mollassonne, ils achèvent le moral des festivaliers. Ça joue pas fort, la chanteuse chuchote d’une voix haut perchée, le batteur a des feutrines sur ses baguettes pour ne pas faire trop de bruit… On a envie de les secouer, de leur dire « allez réveillez vous, motivez nous ! », peine perdue…

Troisième coup dur (avec la pluie et Still Corners), c’est Low qui prend possession de la scène. Avec leur rock lent et sombre, ils infligent le coup de grâce aux festivaliers qui restent pourtant massés devant la scène. C’est surement très beau, très classieux mais c’est juste chiant et là, avec la pluie battante, c’est tout simplement impossible. Beaucoup chercheront un abri pour conserver leur capital « sec » le plus longtemps possible.

On confie au groupe suivant, Cults, la lourde tache de nous faire un peu oublier la pluie. Avec leur poignée de tubes, ils parviendront à réchauffer un peu l’atmosphère. Le groupe est souriant et très sympathique mais le tout sent un peu l’amateurisme, entre les nombreux larsens dans les retours, et les pains musicaux. On jalouse un peu sa robe printanière, avec notre look de pingouin mouillé pendant que les chevelus qui l’accompagnent hallucinent sur le courage du public aux ponchos et kways multicolores, qui danse désormais dans un véritable marécage. Les écrans géants montrent un bateau pneumatique qui flotte sur le public, éclat de rire général du groupe et de l’audience.

Vient ensuite l’un des moments les plus attendus du festival, le retour des américains Blonde Redhead. Après leur concert de 2004, interrompu au bout de 20 min par un véritable ouragan qui avait balayé le fort Saint-Père, beaucoup n’ont pas hésité à parler de « malédiction Blonde Redhead » en voyant la météo catastrophique du jour. Que nenni, cette fois le concert ira jusqu’au bout. On redoutait un peu ce retour du groupe, certains de leurs derniers passages en France ayant été plutôt décevants, Kazu paraissait ailleurs, chantant complètement faux par moment… Sans parler des deux derniers disques vraiment soporifiques… Il n’en fut rien, le trio, toujours aussi lunaire, jouera à la perfection beaucoup de morceaux du merveilleux « Misery is a butterfly » pour consoler les fans privés de ces chansons la dernière fois. Kazu, très sexy dans sa petite robe blanche, genre poupée manga, paraît très en forme, elle dansera tout le long du concert, le groupe semble plus complice qu’à l’accoutumée.

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Faderpaper backstage : les Blonde Redhead ont semblé ravis de l’accueil du festival, ils sont arrivés dès le vendredi soir, et ne sont repartis que le dimanche midi, accompagnés comme toujours de Colette, le célèbre petit toutou de Kazu. Les new-yorkais ont ramené leur propre machine à fumée, très puissante elle noiera régulièrement le groupe dans une fumée très épaisse, dans un très beau show lumière.


C’est encore un groupe habitué du festival qui prend la suite, The Kills, qui ont déjà arpenté la scène du fort en 2004 et 2009. On attendait pas grand chose du duo Anglo-Américain et pourtant on va assister a une performance très convaincante. Toujours aussi sauvage, rageur, sexy, le duo a donné du très bon Kills, avec une excellente setlist ou tous les tubes du groupe se sont enchainés avec beaucoup de maitrise et de fougue.  A noter leur « backdrop » (rideau de fond de scène) en léopard, très sexy et rock’n roll. « Did it stop raining ? » nous lance Allison, hurlement de joie du public, The Kills ont chassé la pluie !

Sur la petite scène ce soir, il y avait Dirty Beaches, mais avec toute cette pluie, et bien je les avais tout bonnement oublié !  Par chance nos amis de Yamoy ont la riche idée de les inviter au festival indie nantais Soy #9 fin octobre (mais on vous en recausera d’ici là).

On arrive au meilleur concert du week-end, Battles ! Peu de monde a résisté aux intempéries, seulement deux ou trois mille festivaliers courageux sont encore là, les pieds dans la boue. Les Battles déboulent avec un véritable mur de son derrière eux, une ligne de six mètres d’amplis basse et guitares imbriqués comme des legos les uns dans les autres, avec deux colonnes d’écrans à LED qui ne diffuseront pas grand chose… Et bonne surprise, comme sur le dernier album, Kazu de Blonde Redhead les rejoint pour le titre Sweety and shag, dès le début du concert. Le set est furieux, tout en contre-temps, allant chercher le public au fin fond du marécage. Le furieux batteur et sa célèbre cymbale perchée a plus d’un mètre au dessus de sa tête, cogne comme une brute, nous perd dans ses rythmes alambiqués. Le groupe réussit l’exploit de faire danser et hurler le public avec son math rock ultra-complexe, glissant vers un dance rock irrésistible. L’audience exulte, ce concert est une véritable récompense pour tous ces motivés qui ont bravé les éléments jusqu’au bout !
Vous pouvez retrouver ce super concert ci-dessous grâce à ArteLiveWeb, enjoy !

Comme hier, les photos sont signées par Guillaume Chevalier, merci à lui !

>>> le compte-rendu du vendredi, par là et celui du dimanche par ici !

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