De retour de la Route du rock, le dimanche

Troisième et dernier jour pour cette 21 ème édition de la Route du rock. Tout le monde est encore sonné par le concert de Battles la veille, décrété avant même la fin du festival meilleur concert du week end. Le soleil est de retour mais les bottes en caoutchouc sont toujours obligatoires.

On ne parlera pas du concert de Here we go magic que l’on a à peine entrevu, dommage, leur musique est pas mal du tout sur disque…

On arrive ensuite à la faute de gout du week end, Okkervil River, une bande de barbus avec guitare folk, piano, violon… On ne comprend pas comment ce groupe s’est retrouvé là, entre un folk balourd et une country-rock ringarde, on a l’impression d’écouter une mauvaise radio américaine. Le groupe est pourtant très pèchu mais se la pète vraiment, c’est juste mauvais, indigeste.
C’est maintenant Cat’s Eyes qui investit la scène du fort, le side project du chanteur de The Horrors (qui avaient fait faux bond à la dernière minute à la Route du rock d’hiver 2010). Comme sur  son album plutôt inégal, le groupe parvient à séduire avec quelques morceaux de rock garage saturés et planants. Il peut aussi carrément nous ennuyer avec des passages plutôt mous et surtout très brouillons.

La soirée va se calmer un peu avec la tête d’affiche de la soirée, Fleet Foxes. Le groupe de Seattle déboule à Saint Malo avec tout son attirail, le piano droit, les banjos, les mandolines, les guitares rétros, la contrebasse… Le tout pour un excellent concert folk très orchestré, les parfaites harmonies vocales données par quatre musiciens sur cinq rappellent les groupes folk des 70’s comme Crosby, Stills, Nash and Young. Le groupe jouera pratiquement en intégralité ses deux albums avec beaucoup de classe et de maitrise. Pour une bonne partie du public, c’est un grand moment de communion sur des tubes comme « Your protector » ou « White winter hymnal ».

Faderpaper backstage : Fleet foxes a amené avec lui tout son matériel de sono, des micros de studio haut de gamme, mais surtout une régie complète avec une console très imposante, et de nombreuses machines de traitement. Pas évident pour la technique de rapatrier tout ce bazar dans la boue jusqu’à l’arrière scène après le concert…

Livraison de la console de Fleet Foxes

L’une des révélations des dernières Transmusicales, le groupe californien Crocodiles prend ensuite possession de la scène du festival. Les trois garçons et les deux filles, tous de noir vêtus et visiblement ravis d’être là, offriront un excellent concert rock garage psyché et nerveux. Ils joueront l’intégrale du très bon album « Sleep Forever » dans un déluge de guitares saturées qui font siffler les oreilles et de rythmiques bien massives. Un olibrius du public parvient à monter danser sur scène, la sécu lui saute dessus immédiatement et le chanteur Brandon Welchez le sauvera d’une mort certaine, la tête dans la boue, piétiné par des rangers. Ça c’est du rock et le public lui en est très reconnaissant.

Crocodiles pendant les balances le dimanche midi

Sur la petite scène, c’est Dan Deacon qui prend le relais. Vu la taille minuscule de la structure, on peut dire qu’on a littéralement frôlé l’émeute à ce moment de la soirée. Pour ceux qui ne connaissent pas Dan Deacon, c’est un grand américain dégarni avec des grosses lunettes et une bonne bedaine. Il s’installe pratiquement dans le public pour balancer son électro 8-bit saturée mais super dansante à l’aide de nombreuses machines et divers bidouilles. Et là pour le coup, on peut dire qu’il a été au contact, avec mille personnes se tassant furieusement contre son praticable et ses machines, entourés de deux vigiles retenant tant bien que mal l’installation. Le bonhomme a balancé presque tous les tubes de « Bromst » dans une ambiance sur-saturée et hyper speed. Contrairement à son concert à l’Olympic en avril dernier, le bonhomme n’a pas pu faire danser le public dans des chorégraphies débiles vu la densité de l’audience, dommage on aurait rêvé d’une bonne grosse chenille dans la boue !

Retour à la grande scène, pour la dernière performance de cette Route du rock, c’est le Dj parisien Mondkopf qui a la charge de clore le week end. Accompagné d’une vidéo projetée sur un écran occupant toute la largeur du fond de scène, Monfkopf va envoyer un set rageur avec son électro froide mais irrésistible. Pas de bol, la vidéo plantera au bout de quinze minutes interrompant même le set pendant cinq très longues minutes. Le public hurle sa colère, et le son reprend, encore plus fort, mais pas la vidéo, tant pis…. Le Dj offrira jusqu’au bout un grand moment de dance floor et une excellente conclusion au festival, bien meilleure que les années précédentes.

En résumé, une très belle édition de la Route du rock, comme d’habitude le public s’est montré curieux et a accueilli tous les groupes avec beaucoup de ferveur, malgré les aléas climatiques. Bravo à Rock Tympans qui a su monter ces trois belles soirées de rock, de pop, d’électro, nous faisant oublier l’absence de « vraies » têtes d’affiche. Rendez vous du 15 au 19 février pour la Route du rock d’hiver !

lire le compte rendu du vendredi et du samedi
merci une dernière fois à Guillaume Chevalier pour ses belles photos
et bien sur retrouvez toutes les vidéos du week end sur arte live web

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