Soufi, lux et stéréogong

Et non, il n’y avait pas que l’ouverture de la Fabrique pour sortir ce week end, le Lieu Unique proposait vendredi une très belle soirée de musique orientale autour de la culture Soufie. Et bien sur on va vous causer de l’inauguration, même si avouons le, on a pas vu grand chose…


Le week end commence donc en douceur avec La Grande Nuit Soufie programmée au LU vendredi dernier. Et oui, une fois n’est pas coutume, une soirée world music, ça peut pas faire de mal. Mais attention, ce soir pas de macbook caché sous la scène ou de claviers sirupeux qui pourrissent souvent ce genre de programmation, on nous promet une soirée acoustique et authentique. L’évènement a pris place dans la Cour, le grand espace réservé d’habitude aux expos, un lieu à l’acoustique pas facile mais offrant une longue reverb naturelle adéquate pour ce genre de soirée. Un gros effort a été fourni pour la scénographie du lieu, le sol est couvert de dizaines de tapis orientaux, de chaises longues et de cousins. La salle est éclairée par des superbes lampions, petits et gros, prêtés par Les orientales, le célèbre festival de Saint-Florent-le-Vieil. Au bar, c’est thé à la menthe et patisseries au miel. Environ trois cent personnes sont venues voir les trois formations programmées.

Ca commence avec l’ensemble Syubbanul Akhyar venu d’Indonésie. Huit musiciens assis en demi cercle avec oud, chants, violons et percussions pour un très beau voyage musical vers l’Asie du sud est, deux d’entre eux se lanceront dans une chorégraphie nonchalante faisant penser a du hip hop de feignasse…
On verra ensuite Les Fakirs de Gorbhanga venus du Bengale, au nord de l’Inde. Cinq sadhus a la capillarité désordonnée, trois portant d’épaisses dread locks, un avec les cheveux courts et un aux cheveux longs plaqués à la gomina ! Ils offriront surement la meilleure performance de la soirée, emportant le public dans leur monde de vagabonds spirituels, avec des contes chantés en solo ou joués à plusieurs avec harmonium, percussions, et  dotaras (sorte de petites guitares indiennes).
On termine avec Marouane Hajji et son ensemble, venus du Maroc. Le concert est un peu plus mollasson et longuet que les autres, entrecoupés par des discours peu intéressants, et peut être que la musique marocaine nous dépayse un peu moins que les autres. Le concert se termine quand même sur une belle transe, quand trois types expirent bruyamment pendant dix minutes tout en sautillant, impressionnant.
En résumé, une belle soirée très dépaysante, même si on a pas complètement compris ce qu’était le soufisme… à approfondir.

Et bien sur, on ne peut pas ignorer l’évènement du week end, l’inauguration de la Fabrique. On reste discret parce qu’on a pas vu grand chose de ces trois jours de fête, et oui on peut pas être partout… Et il fallait arriver très tôt en ce samedi soir estival pour espérer rentrer dans le Stéréolux, la nouvelle salle de concert des Nantais. Avec ces deux salles flambantes neuves, notre curiosité était pourtant a son paroxysme, vite calmée par les trente mètres de queue sans espoir qui nous séparait du Graal. Il fallait s’y attendre, après le défilé des politicards, la foule des grands jours a envahi le site des anciens chantiers navals.  Alors vu de dehors, c’est beau, c’est le futur, y a des néons partout, l’intérieur on en reparlera un autre jour, tant pis… Mais alors pourquoi écrire pour ne rien dire ce soir ?
Pour souligner quand même le bon set des Gong Gong, qui présentaient vendredi et samedi soir leur nouvelle création sous les nefs. Depuis toujours accompagnés par de la vidéo, le concept a évolué, les manipulateurs d’écrans sont maintenant invisibles. Les deux écrans en fond de scène paraissent eux, prendre vie, ils tombent, remontent, changent de forme, jusqu’à céder leur place à deux toiles entourées de centaines de cd tournoyant très vite sur elles mêmes, effet un peu cheap, avouons le… La vidéo aussi est assez inégale, entre beaux extraits de films et formes psychédéliques assez banales. Le duo, uniquement éclairé par les vidéoprojecteurs jouent vraiment dans le noir et c’est un peu dommage… Toujours dans le style electro-lunaire, avec machines, basse et batterie, les Gong Gong joueront des titres du passé mais enverront aussi les premiers titres avant-coureurs du nouvel album qui promet beaucoup ! Affaire à suivre…

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