Retour sur le Soy Fest#9

Vendredi soir au Floride :

Cette première nuit de décibels, initialement prévue dans le hangar artistique DAF, a malheureusement du déménager au célèbre club rock le Floride à cause de problèmes de voisinage… La soirée commence avec le combo Nanto-Rennais Chausse-Trappe. Un trio batterie-violon-guitare qui joue à même le sol, devant la scène. Du coup on y voit pas grand chose, mais on profite quand même bien de leurs deux longues plages de noise répétitive (mais pas chiante), avec une rythmique linéaire et des longues montées de cordes, toute en saturation.

Three Trapped Tigers

Sur scène cette fois, un groupe au nom pas facile à prononcer prend le relais, Three Trapped Tigers (allez y, essayez vous allez voir). Ce trio anglais donne dans le math-rock synthétique, avec une guitare bourrée d’effets, cinq claviers et un batteur d’une précision redoutable.  Le son alterne entre des nerveuses décharges électriques, avec des arrangements foutraques et complexes, et des passage plus aériens, ou les claviers se font plus mélancoliques, ou les voix se contentent de longs « whouaahhouhhhaaahhh », le tout entrecoupé de breaks complètement alambiqués.  On pense bien sur à Battles, référence du genre, mais il manque un petit quelque chose à TTT pour nous embarquer complètement, on décroche un peu pendant la seconde moitié du set, peut être que les titres se ressemblent un peu trop.

Skull Defekts annulé, c’est Dirty Beaches qui assure le remplacement. Ce canadien d’origine taiwanaise, a déjà joué en fin d’après midi à la Place, le rez de chaussée du nouveau Trempolino, et là c’est un set tout autre qu’il va nous proposer.  Accompagné d’un batteur et d’un saxophoniste strident, on assiste a une performance improvisée noise et free jazz, très loin de son rockab’ lunaire, de ses ballades de crooner psyché. On sent le public ressentir assez vite les mêmes sentiments, surprise, curiosité, ennui. Quelques téméraires resteront devant la scène jusqu’au bout pendant que les autres patienteront au bar. Dommage, on aurait du aller le voir à la Place…

La soirée se termine avec le trio norvégien K-X-P. Auteur d’un très bon album éponyme, on compte sur eux pour nous faire bouger. Ce ne sera pas exactement ça, mais le groupe nous emmène dans un voyage krautrock planant pas désagréable. Un chanteur proche de l’incantatoire avec les bras en croix, un batteur et un bassiste jouant les yeux fermés, une belle transe se dégage de ce dernier concert ou on passera par pas mal d’états différents.

Three Trapped Tigers
Dirty Beaches
KXP


Dimanche soir au Lieu Unique :

C’est le soir de la tête d’affiche du Kentucky, Bonnie Prince Billy, guillaume vieuxjambon de son vrai nom (William Oldham) et tout Nantes s’est donné rendez-vous dans la grande salle, qui affiche complet assez vite. La soirée démarre avec Gala Drop, on est moins emballé par leur prestation que par leur myspace qu’on avait plutôt apprécié. Le groupe portugais n’a pas un jeu de scène très démonstratif, c’est le moins qu’on puisse dire ; ils nous tournent tout bonnement le dos et regardent leurs pieds. Cela ne va pas aider à entrer dans leur pop psychée instrumentale, sympathique mais pas inoubliable.

Après ces petits jeunots c’est au tour de Silver Apples en solo. Simeon Coxe a donc survécut à son acolyte Danny Taylor et c’est loin d’être le dernier dj à la mode, tout au contraire, le groupe new-yorkais date de la fin des années 60 ! Devant lui tout un attirail de machines et claviers plus un micro ; à l’avant garde de la musique électronique à l’époque, leur musique a traversé les décennies sans encombre et sonne toujours de façon très actuelle ; et a du influencer un paquet de groupe. Le son est électro-psyché et assez original . Une belle découverte pour nous, à la fois inattendu et improbable, pile poil ce qu’on a attend de ce festival, des découvertes que l’on aurait pas trouvé par nous mêmes.

Le clou de la soirée arrive, Bonnie Prince Billy est la première vraie tête d’affiche de l’histoire de SOY. Bon, disons le tout net, ça n’a pas été de facile de rester éveillé pendant ce concert. On ressent bien l’Amérique des grands espaces (et des rednecks) mais ce folk country assez beau par moment est vraiment trop premier degré le reste du temps. Il a une belle voix certes, ses musiciens (guitare, contrebasse, batterie, claviers) jouent parfaitement, le son est nickel mais debout après quelques verres un dimanche soir, on flanche un peu. On quittera donc le LU au moment du rappel, partagés entre la classe de ce folk flamboyant et l’ennui profond.

En tout cas bravo à Yamoy pour cette nouvelle édition de Soy, on a malheureusement pas pu profiter des petits concerts dans les lieux complètement insolites de Nantes, rendez vous l’année prochaine pour un nouveau week end de musiques étranges, barrées, expérimentales, curieuses… aventureuses.

Gala drop
Silver Apples
Bonnie Prince billy

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