Les Inrocks’ à Paris

Cette année, impératif de boulot oblige, on a pas été voir les dernières trouvailles à la mode du festival des Inrocks, on donne donc la parole à Camille, une amie parisienne qui nous raconte sa soirée du 2 novembre à la Cigale :

La soirée commençait tôt, si tôt qu’on en a raté le premier concert, celui de Owlle, folkeuse dont on a entendu beaucoup de bien. Tant pis, ce sera pour la prochaine fois.

Et c’est d’ailleurs sans regrets véritables qu’on voit arriver Concrete Knives. Les garçons ont des dégaines d’adolescents à la plage, casquettes et bermudas, la chanteuse arbore un patte d’eph’ old school et dès la première chanson, les caennais nous offrent  une débauche d’énergie et d’enthousiasme.  La salle se remplit rapidement et on ressent bien vite les caractéristiques vibrations du sol de la Cigale, signes d’un concert réussit. On les ressent, et on y participe, d’ailleurs, sautillant sans pouvoir s’en empêcher, tant au son très pop et léger du groupe qu’à la vue de Morgane Colas, la chanteuse, qui ne ménage ni sa peine ni sa joie visible d’être sur scène. Ils ne jouent que 45 minutes, mais lorsqu’ils s’arrêtent, on a un sourire niais et hâte de voir la suite.

Et la suite… C’était La Femme, qu’on voulait voir depuis longtemps, séduites par leur single Sur La Planche, surf song électro, impossible à dater, et portée par la voix cristalline de la chanteuse. Ils n’ont même pas commencé à jouer qu’on sent déjà qu’on ne sera pas déçu: ils ont un sens de la mise en scène, et ça se voit: cinq garçons, une fille, tous blonds platine, vêtus de blanc (des cols roulés pour les garçons, arborant leur emblème), l’un d’entre eux porte une blouse de chirurgien… On pense au Rocky Horror Picture Show, impression renforcée quand ils accueilleront sur deux chansons, pour les choeurs, un groupe de filles vêtues de ponchos noirs, en parfait contraste avec toute cette blancheur. Leur style oscille entre surf-music, portée par un thérémine, instrument qui rappelle les Beach Boys et leur emblématique Good Vibrations, punk à la française très Taxi-Girl, pop légère, voire musique de genre, très bande-son SF, en particulier sur le titre From Tchernobyl With Love, qu’ils interprètent en portant des masques à gaz. Ça déménage, c’est original, c’est drôle aussi, bref, on est heureux.

30 minutes de pause, une bière, on se remet du spectacle, et on se prépare pour Wu Lyf, acronyme de World Unite Lucifer Youth Foundation, groupe de Manchester qui a agité le monde du rock, portant un discours contestataire et jouant sur le mystère. Ils jouent désormais à visage découvert, mais leur rock est toujours aussi intense, sombre, presque religieux. La voix caverneuse d’Ellery Roberts prend aux tripes, tout comme les arrangements noise. Toutefois, c’est assez répétitif au bout d’un moment, ils s’appuient beaucoup sur cette voix d’outre-tombe, et c’est un peu facile. C’en est même dommage, et lorsqu’on entend leur très belle reprise de Chris Isaak, Wicked Games, on en vient à penser que le chanteur n’utilise pas toutes ses capacités pour ses propres titres. Mais, fi ! Le groupe, et ses membres, sont encore jeunes, en pleine maturation, et la réaction du public, à la limite de l’extase, font que nous ne nous inquiétons pas vraiment pour leur avenir.

Camille M. pour faderpaper

EDIT : Pour les nantais, les mancuniens de Wu Lyf sont de passage chez nous le 7 décembre à Stereolux !
Arte live web a filmé tout le concert de la Cigale, pour notre part on en a regardé que des extraits pour se garder un peu de surprise  !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>