Retour sur les concerts de la semaine

Il y a des semaines comme ça ou il faudrait pouvoir se démultiplier pour aller partout. Tant pis pour Josh T Pearson au Lieu Unique et la soirée Manchester is everywhere au Stéréolux, on se contentera de  Civil Civic, Cherry but no cake,  Metronomy et Patti Smith, et c’est déjà pas mal.

Civil Civic, mardi 8 novembre @ Violon Dingue, Nantes

Une foule inhabituelle s’est donné rendez vous ce soir dans le célèbre café concert nantais qui accueille ce soir les Australiens Civil Civic. Originaire de Melbourne, puis expatriés, l’un à Londres, l’autre à Barcelone, le duo est l’un des buzz du moment, porté par la sortie récente de leur premier album Rules. On arrive trop tard pour la première partie, les nantais A few my nephew, et on se fraye un chemin tant bien que mal jusqu’à l’avant scène. Le groupe se met en place, à droite Aaron Cupples à la guitare, à gauche Ben Green à la basse, entre les deux trônent deux claviers MIDI posés sur un rack de machines, lui même astucieusement posé sur deux caisses de bières…
Ils semblent avoir appris quelques rudiments de notre verlan pendant cette tournée, Ben commence le show par un surprenant « Salut les mecs, salut les meufs ! », et c’est parti pour une heure de rock synthétique et rageur. Le duo joue vraiment bien, les morceaux sont super carrés, le chorus est omniprésent sur la guitare et on retrouve parfaitement le son si particulier de Rules, entre distorsion et digital. Le duo s’avère très sympathique, chaleureux, rigolard, Ben fait bien rire l’assemblée à chaque « Cimer les amis » entre les morceaux. Mais derrière cette apparente décontraction, on a affaire à deux musiciens redoutablement efficaces, qui enchainent des chansons très complexes avec une fluidité impressionnante, jonglant entre les guitares, les claviers, les pédales et boites à rythmes. Un excellent concert donc pour commencer la semaine et un groupe que l’on continuera à suivre de près. www.civilcivic.com

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Cherry but no cake + Baton Rouge, samedi 12 novembre  @ Violon Dingue, Nantes

Bandits asso présentaient une belle soirée indie rock samedi soir, qui débuta avec le duo nantais Baton rouge. Une très belle prestation, tendue, nerveuse, saturée, quelque part entre post rock et post hardcore.
Ca continue avec le groupe londonien Cherry but no cake, le quatuor a du mal a tenir sur la petite scène et le bassiste jouera carrément au sol. Dès le début, on plonge direct dans le son indé des 90’s, avec des références évidentes à Sebadoh ou Pavement. Mais le son des anglais ne sent pas le réchauffé pour autant et ils nous offrent quelques pépites pop aux mélodies vraiment accrocheuses, extraites de leur dernier album Unveilling. Le chanteur guitariste, qui ressemble étrangement à Armand de 69 (ex-Sloy), traverse plusieurs fois le public avec sa guitare et finit même par la jeter sur les épaules d’un type qui se retrouve coincé en sandwich entre les deux. Grace a leur son certes daté mais très efficace, on assiste à un très bon concert plein de fraicheur, sans machines ou autres ordinateurs,  et ça de nos jours ça fait du bien.
www.myspace.com/baton-rouge
www.myspace.com/cherrybutnocake

Metronomy + Gross Magic, le 12 novembre @ Stéréolux

A la première écoute de The English Riviera, leur dernier album, j’avais d’abord été un peu décontenancée et déçue par leur son pop beaucoup plus lissé. Puis en y revenant, si leur son était beaucoup moins sauvage que précédemment il avait aussi gagné en classe et en mélodie, les tubes The look, The bay, Corinne et d’autres sont imparables. Et finalement, cela fait maintenant 6 mois qu’il tourne en boucle dans mes écouteurs. Forcément l’attente était bien là, et j’étais loin d’être la seule à être gagné par cette Metromania, la nouvelle  salle MAXI (1200 places) de Stereolux affichait complet depuis septembre.

Le concert commence à 8h avec Gross Magic, mais le temps de se retrouver, de prendre à boire etc, on n’en verra que 2 chansons peu convaincantes. On se place direct pour Metronomy , on en sautille d’excitation mais doucement quand même tout le monde est peu froid, il n’est que 21h, faut dire. Les 4 anglais se mettent en place avec derrière eux en fond de scène, 4 portraits à la gouache pas des plus réussis et flatteurs, c’est assez étrange. Ils ont toujours leur boule lumineuse autour du cou comme les autres fois où je les avais vu, aux Trans’ de Rennes en 2007 et à l’Olympic de Nantes en 2009, je crois. Mais contrairement aux fois précédentes plus de tenues noires, ils sont grave trendy, petites chemises, slim de couleur et cie.

Bref, ça commence en alternant les titres de The english riviera avec les tubes plus électro et moins suaves des albums précédents, mais je ne sais pas si le mélange se fait bien, une partie du public semble un peu perdu. En tout cas, on sautille, on se dandine sur les tubes que l’on connaît par cœur , on était venu pour ça, on est contents. Le chanteur essaye de communiquer avec nous dans un français laborieux, c’est sympathique, compare les applaudissements du balcon et de la fosse et c’est un peu foireux, on est pas dans un stade non plus…

Là où le bât blesse (mais quelle expression bizarre quand on y pense) c’est quand le rappel se fait après à peine une heure de concert; et ils reviennent pour 2 titres et basta, il est 22h15, rentrez chez vous, plus rien à voir. On reste un peu sur sa faim, après un concert sympathique mais loin d’être exceptionnel.

L’affiche est réalisée par le studio nantais LVL•studio

Patti Smith, le 13 novembre @ Le lieu Unique

On finit cette semaine de concerts avec la performance très attendue de l’une des dernières grandes prêtresses hippies, la new-yorkaise Patti Smith qui est actuellement en pleine tournée française. Les places pour ce concert se sont arrachées en quelques minutes, le lieu unique accueille ce soir 1200 fans de tous les ages, avec quand même une forte tendance grisonnante.
Patti arrive sur scène pile a l’heure entourée de ses musiciens dont le guitariste Lenny Kaye qui l’accompagne depuis le début. Il faut bien avouer qu’ils ont l’air un peu ringards, avec tous le même petit gilet de soie noir… Elle, en jean et veste de costume sombre, boots sans lacets et tee shirt blanc très large, commence son concert en douceur et se met direct le public dans la poche « ma soeur s’appelle Lou, je l’ai appelé ce soir devant l’immense panneau LU à côté de la salle, je joue à LU c’est génial ! ».

Son charisme et sa voix n’ont pas pris une ride malgré ses 65 ans, elle parle doucement et distinctement, sourit en permanence. Elle cause très souvent, nous replonge dans les utopies des années 60, dédicace bien sur aux indignés du monde entier « qui manifestent, qui défient la police, qui occupent pour construire un nouveau monde » mais aussi aux poètes qui l’ont inspiré « j’ai visité la maison de Rimbaud à Charleville, je vous encourage à y aller, y a plein de trucs à voir, même sa fourchette ». Un petit buste porte bonheur du poète est d’ailleurs posé juste devant la batterie. Elle passe en revue des mythes du rock américain « j’ai écrit cette chanson pour Johnny Cash, le jour de sa mort », « cette chanson est pour le CBGB ou j’y ai vu Television la première fois que j’y suis allé », respect…
Un éternel esprit adolescent émane d’elle, se faisant des tresses avec ses longs cheveux en chantant, s’accroupissant au nez de la scène pour taper des mains avec les premiers rangs qui n’en espérait pas tant. Gentille provocation quand elle semble tituber et jouer faux de la guitare,« too many drugs, sorry… ». Le set se termine avec le tube Because the night, le slow Peaceable et un Gloria incendiaire qui rajeunit l’assemblée de 20 ans . Elle revient sous un tonnerre d’applaudissement pour l’incontournable People have the power et un Rock’n roll nigger qui s’achève par un long larsen collectif, les trois guitares collées aux amplis. Le show se termine après 1h45 de rock’n roll à l’ancienne, avec des musiciens qui n’ont plus rien à prouver depuis longtemps, un son impeccable, on en attendait pas tant de cette soirée, c’était classe, la vraie classe. Et maintenant, au boulot les jeunes.

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