De retour de colonie de vacances…

C’était jeudi dernier dans la salle Maxi du Stéréolux de Nantes, une étrange tournée gentiment nommée La Colonie de Vacances posait ses valises et flight-cases pour un concert hors normes.

A l’affiche de cette tournée qui a déjà sillonné les routes de France en septembre 2010, on trouve quatre groupes majeurs de la scène indie-noise hexagonale, les locaux Papier Tigre, les tourangeaux Pneu, Marvin de Montpellier et Electric Electric de Strasbourg. Au menu, cinq guitares, quatre batteries et deux claviers, dix mecs et une fille, quatre groupes donc et… quatre scènes ! Et oui, le dispositif scénique est des plus singulier, une scène a été installée à chaque coin de la salle, car les groupes ne joueront pas de manière traditionnelle les uns après les autres, mais tous ensemble en quadriphonie !

On aurait pu s’attendre a un concert inaudible, connaissant individuellement chacune des formations, toutes adeptes de rock barré et complexe. Mais les quatre partagent les mêmes codes du math-rock, de la noise la plus sauvage. Avec un passif de centaines de concerts communs dans les lieux les plus undergrounds, chaque musicien a fait le même apprentissage du break nerveux et de la décharge sonore brutale. Et disons le direct, ce soir à Nantes cette performance fut une réussite totale.

Les groupes interagissent de différentes manières, souvent l’un commence son morceau tout seul avant d’être progressivement rejoint par les autres, parfois ils se répondent, s’envoient des perches et se renvoient la balle comme dans un match de ping-pong bruitiste à quatre. Souvent un batteur frappe ses baguettes les bras en l’air, pour filer le tempo aux autres. Les quatre groupes s’observent et s’écoutent en permanence, le son des retours  permet à tout le monde de rester calé dans de ce déluge sonore.
Le public en prend plein la tronche au milieu de tout ça, entre les quatre sonos, les lumières blanches et les stroboscopes, il est parfois un peu déboussolé, ne sachant plus ou regarder. On se surprend a tourner la tête comme pour suivre la balle dans un match de tennis. La plupart des morceaux joués sont vraiment excellents, on ne sait pas toujours de qui sont les titres, si c’est de l’improvisation, mais au fond on s’en fout, tant le mélange est jouissif.

Au bout d’une heure et demie, le rappel termine le concert par une belle transe, avec un rythme limite free party augmenté bien sur d’un chaos sonore total. Le public ressort scotché, avec les oreilles qui sifflent et le cou à la limite du torticolis, mais heureux d’avoir vu cette excellente performance collective. Merci à la Colonie de Vacances pour cette expérience unique, on aimerait voir plus souvent des concerts comme ça, qui sortent totalement des sentiers battus. On s’écrit et on se revoit l’année prochaine, promis ?

www.muraillesmedias.com
www.collectif-effervescence.bandcamp.com

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