Mermonte, Yeti Lane, Festival l’ère de rien, les livereports du week end

Retour sur trois soirées organisées par des associations locales, loin des circuits institutionnels. Retour sur un week end bien représentatif du foisonnement culturel local. Vous voulez déménager bientôt ? Venez à Nantes, vous verrez, on s’amuse bien.

Le choix de la sortie n’est pas facile en ce jeudi 26. Le pôle étudiant proposait comme d’habitude une excellente soirée électro/rock/hip hop pendant que l’asso B.B. Party Programming nous conviait à un très bon concert au Stakhanov avec Mermonte, Patriotic Sunday et Mark Trecka. Aaarghhh, c’est dur les choix existentiels comme çeux là, ce sera finalement le club rock du centre ville.
On arrive malheureusement trop tard pour le solo de Mark Trecka, échappé de Pillars and Tongues, et son folk planant, sombre et habité. Les rennais de Mermonte sont en train de s’installer et leur matos dépasse de plusieurs mètres la petite scène du Stakhanov. Le groupe n’a donné que deux concerts avant ce soir, dont le tremplin des Jeunes Charrues à l’Antipode de Rennes, remporté haut la main. Dix musiciens donc, deux batteries, quatre guitares, violon, violoncelle, flutes et voix réunis autour des compositions de Ghislain Fracapane. Leur musique est un véritable enchantement, de la pop solaire et orchestrale, aux influences post-rock et math-rock. Les arrangements sont complexes, on entend des centaines de notes à la seconde et pourtant on ressent une fluidité impressionnante. Tous les titres sont des petites perles de pop instrumentale en puissance, on pense pas mal aux groupes du label canadien Constellation comme le collectif Do Make Say Think. Le concert est malheureusement un peu court, une grosse demi heure tout au plus mais c’est sur, ce groupe montera très haut et on reverra un jour Mermonte.
Pour conclure, le local de l’étape Eric Pasquereau, chanteur guitariste de Papier Tigre, est de retour avec son projet solo The Patriotic Sunday. Accompagné du batteur et du guitariste des camarades rennais La Terre Tremble, ils enchainent pas mal de titres du dernier album Actual Fiction. Le style est plus pop que Papier Tigre, moins brute, moins tranchant mais on a le droit à un indie rock tout aussi efficace. Il se dégage une atmosphère assez tendue et électrique, la pression retombe assez peu contrairement au disque. La transition est quand même un peu brutale après la flamboyance de Mermonte, et le son encore une fois hyper fort n’aide pas à rentrer complètement dans ce concert, dommage.

Listen ! Listen ! Listen
Mermonte
The Patriotic Sunday

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Vendredi 27, toujours au même endroit, c’est l’asso Bandits qui proposait une soirée consacrée au label parisien Clapping Music, connu pour son catalogue underground français. Le concert commence un peu tard, à 21h45, avec Egyptology, duo électro parisien sur le papier mais qui se présente en trio ce soir. Ça commence très doucement, entre petits problèmes techniques et petits ricanements genre private jokes bien agaçants. Le duo est debout devant une quantité de machines et claviers impressionnante, il y a même une vielle boite à reverb à ressort qui se fait bien secouer. Le troisième est assis avec des pads/batterie, des cymbales et un Moog.
Ça finit enfin par décoller avec des belles nappes de machines rétrofuturistes, une électro disco-vintage pas vraiment dansante mais pas chiante pour autant. Ils évoluent entre IDM, house au son chaud et electronica, quelque part entre Jean Michel Jarre et Kraftwerk, un son résolument 80’s qui rappelle Midnight Express ou Rencontre du 3ème type. Quelques boum-boums font bouger un peu les jambes et ça se termine en beauté par une dernière longue plage assez abstraite.

On continue avec Yeti Lane, un groupe parisien formé par d’anciens musiciens de Cyann et Ben. Ils bénéficient d’un bon petit buzz depuis quelques semaines, avec la sortie de leur nouvel album The echo Show, salué par la critique. Album un peu surproduit qui se noie souvent dans des nappes vaporeuses, qui, malgré de très bonnes chansons, manque un peu de spontanéité et de piquant. Ce coup ci c’est l’inverse, on attendait un trio et c’est un duo qui se présente, l’un à la batterie avec un mur de machines à côté de lui, l’autre au chant, guitare, clavier. Même si on reconnait l’ambiance de pop planante du disque, le son est plus tranchant, la disto plus rageuse. Ça reste de la pop shoegaze assez gentillette finalement mais avec les claviers à la Grandaddy, la voix aérienne pleine d’écho et une reverb enveloppante, on se laisse complètement embarquer. Le concert monte en pression avec des titres presque noisy et toujours des mélodies bien accrocheuses, comme Dead tired ou Logic Winds. Un très bon concert qui a permis de redécouvrir tous ces beaux titres avec un son un peu plus brut.

Listen ! Listen ! Listen
Egyptology
Yeti Lane

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On finit en beauté le samedi 28 avec le Festival l’Ère de Rien à Rezé, organisé par la jeune association Melos Nova. Une première édition pour ce collectif qui se fait sa place dans l’activisme indie rock nantais depuis quelques mois, avec un fanzine et des « vidéos sauvages », genre « La Blogothèque ». Premier festival donc, dans un petit coin de verdure sur les bords de la Sèvre sous des chapiteaux, entièrement gratuit. Et il en fallait du courage avec cette pluie battante pour aller se cailler sous un chapiteau. Pourtant entre 400 et 500 curieux ont fait le déplacement, rameutés par une promo efficace et des réseaux sociaux hyper-actifs, mais surtout attirés par une programmation vraiment prometteuse.
Le concert commence vers 19h30 avec l’excellent groupe nantais Classe Mannequin. Un  quatuor qui donne dans l’indie rock pur, avec un côté sautillant pas désagréable pour commencer la soirée.
On continue avec Hold Your Horses, groupe parisien qui a fait le buzz en 2010 avec un clip génial vu plus de 1,5 millions de fois. Six musiciens très souriants, ravis d’être là, genre collectif de pop orchestrale, avec trompette, violon, clarinette, choeurs, etc… On sent plein d’influences dans leur musique, Arcade Fire, Fool’s Gold, Vampire Weekend et un soupçon de Strokes. Un concert très joyeux qui nous fait oublier le froid et les flaques de boue, mais qui lasse un peu sur la fin, les recettes des chansons étant un peu toujours les mêmes.
La tête d’affiche arrive ensuite sur scène, le trio canadien Half Moon Run qui vient présenter son premier album Dark Eyes. On change complètement d’atmosphère, avec des chansons très lentes, ambiance lover, à la limite parfois du quart d’heure américain. On entend de très belles ballades, une pop folk à la classe nord-américaine. Le beau gosse au chant/guitare irradie les filles de sa voix haut perchée. Gros succès au niveau du public qui réclame bruyamment deux rappels, ils concluent avec une amusante chanson country.

On a hâte de découvrir le dernier groupe de la soirée, Hyphen Hyphen dont on a beaucoup entendu parlé depuis quelques mois. Ce quatuor niçois, deux garçons et deux filles à la vingtaine survoltée, débarque habillé en costumes rétro-futuristes, doré pour les filles, larges marcels noirs en plastique pour les mecs. Ils sont en plus maquillés avec des traits sur la figure, entre fluo kids et joueurs de foot américain. Ils envoient direct un sauvage électro-rock qui met le feu au petit chapiteau de cirque. Au chant on trouve une espèce de valkyrie blonde qui surprend tout le monde avec son impressionnante puissance vocale. Des tubes, que des tubes pendant plus d’une heure, comme si Klaxons avait avalé tout cru les Scissors Sisters et Florence and the Machine. Le set est super carré, bras en l’air, petites chorégraphies et headbanging façon métal. Ils nous font la même impression que les rennais Juvéniles, un groupe très jeune mais déjà tellement pro qu’il pourrait facilement faire des scènes énormes, en Angleterre, aux USA ou au Japon, et qui cartonnerait, à coup sur. En tout cas c’est tout le mal qu’on leur souhaite.

Un grand coup de chapeau en conclusion à Melos Nova qui nous a surpris par la qualité de l’accueil et de l’organisation de cette soirée. On s’attendait à un évènement beaucoup plus cheap, comme un premier festival quoi… Mais tout était vraiment à la hauteur, le son, la lumière, la déco et un bar/resto de qualité vraiment pas cher. Tellement pas cher qu’on se demande comment ces petits jeunes arrivent à organiser un tel évènement avec une entrée gratuite. Enfin ça c’est leur affaire, nous, on espère juste retrouver ce beau petit festival l’année prochaine.

Listen ! Listen ! Listen
Hold your horses
Half Moon Run
Hyphen Hyphen

www.melosnova.com

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