Trois nouveaux livereports ! Les 5 ans du Ferrailleur, Von Pariahs, Thee Oh Sees et cie

Trois soirées, trois lieux, une douzaine de lives, découvrez ces trois nouveaux compte-rendus d’un week end de concerts dans les clubs locaux.

Jeudi 24 mai : les 5 ans du Ferrailleur
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C’était il y a cinq ans déjà, Nantes inaugurait en grande pompes les Machines de l’île et le Hangar à bananes, nouveau quartier nocturne censé déplacer les fêtards de l’autre côté de la Loire. On a vu circulé le grand éléphant pour la première fois, des poupées gonflables géantes nous parlaient, des catcheurs et des strip-teaseuses burlesques s’affrontaient sur un ring, les mini Kiss nous faisaient bien rire avec leur semi play-back… cinq ans déjà. Et ils ne sont pas nombreux les bars et restos flambants neufs qui ont survécu depuis. Parmi eux, un irréductible qui allait devenir l’un des clubs rock incontournables de la ville, le Ferrailleur.

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Avec des centaines de concerts au compteur, le bar a fêté tout le week-end son anniversaire, avec une Dérouille Party au programme surchargé. Quatre soirées pour marquer le coup, de mercredi à dimanche, avec du métal, de l’indie rock, de l’électro… Et vous vous en doutez bien, c’est la nuit indie du jeudi qui a le plus attiré notre attention. Les nantais de Fordamage, qui fêtaient par la même occasion la sortie de leur album « Volta Desviada », avait convié plein de leurs petits camarades de la scène noise Française.
Les concerts de 30 min s’enchainaient dans deux espaces  jouant en alternance, la scène à l’intérieur, et le « jardin d’hiver », avec les portes grandes ouvertes sur la terrasse. A l’intérieur, ça sent la bière et l’animal, ambiance surchauffée à grand coup de décibels avec le retour de Moller Plesset, la disco-noise de Marvin et bien sur les Fordamage et leurs invités. A l’extérieur, c’est furieux aussi avec les performances bruitistes de Pneu et Room 204 dont les voisins de l’autre côté du fleuve ont surement bien profité. Sans oublier tous les autres, les solos de The Patriotic Sunday et Seal of Quality, les concerts de Will Guthrie + Charleroy et Fat Super. Une très bonne soirée, au parfum estival, un public de connaisseurs et d’habitués bien motivés, avec slams et pogos de rigueur, on souhaite longue vie au Ferrailleur, qu’il garde son esprit frondeur et sans concessions qui a fait sa marque de fabrique et son succès.


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www.leferrailleur.fr
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Dimanche 27 mai : Von Pariahs + Holograms @ Stakhanov
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Il fait beau, il fait chaud sur Nantes en ce week end de Pentecôte et il en a fallu du courage pour résister à l’apéro estival et s’enfermer dans une boite à concerts. Mais l’affiche était trop belle et ce live était juste immanquable. Les prodiges vendéens Von Pariahs, de retour du Printemps de Bourges auréolés du prix Découverte, sont attendus au tournant par le public nantais et ouvrent les hostilités vers 21h30.
Six musiciens, un chanteur anglophone, deux guitares, basse, claviers, batterie, au service d’un mélange de post-punk et de new wave impeccable. On pense rapidement à des groupes comme Joy Division ou Gang of Four, avec des nappes de claviers assez froides, une voix franche et précise et des guitares pleines de flanger. Malgré un univers assez sombre, il n’y a rien de triste dans la musique des Von Pariahs, le groupe affiche comme le public un large sourire. Tout le monde entonne même un « joyeux anniversaire » en l’honneur du batteur. Le groupe joue vraiment très bien, avec beaucoup d’énergie, la plupart des morceaux sont de véritables tubes, à l’image des deux singles « Someone New » et « Skywalking ». Le final est une longue montée en pression, le morceau s’étire tout en distorsion, le guitariste est à genoux, triturant ses pédales. Fin du concert sous une ovation du public du Stakhanov qui ne s’attendait peut être pas à découvrir un groupe aussi carré, on attend désormais avec impatience la sortie d’un disque, un EP ? Un album ?

En deuxième partie, on découvre un jeune quatuor suédois qui donne son premier concert en France, Holograms. Le line up est plus classique avec guitare, basse, batterie et un chanteur/clavier au look de pêcheur scandinave, avec marinière et bonnet noir. Le son est beaucoup plus punk que précédemment, les amplis sont à fond, les guitares sifflent. Le groupe est moins précis, plus brut, joue avec urgence, enchaine rapidement ses morceaux. Le public est conquis par cette pop-punk-new wave survitaminée et exulte sur les premières notes du super single « ABC City ». A la demande du patron, Holograms rejouera une deuxième fois son single en rappel, on ne refuse rien au patron, c’est comme ça. Rideau sur cette excellente soirée pleine de fraicheur avec ces deux jeunes groupes au futur prometteur, ça valait le coup de sacrifier un peu de soleil non ?


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www.vonpariahs.com
www.holograms.se

Mardi 29 mai : The Spits + Iceage + Thee Oh Sees @ Stéréolux
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Troisième et dernière soirée haute en décibels pour ce week end prolongé, avec ce concert proposé par Stéréolux. The Spits et Iceage étaient en provenance du festival La Villette Sonique de Paris, Thee Oh Sees arrivant de Londres après leur passage au festival Artrock de Saint-Brieuc le week end dernier. La salle micro est pratiquement complète pour cette belle affiche rock’n roll.
On arrive trop tard pour le rock crado et déguisé de The Spits. C’est Iceage qui s’empare tout de suite de la scène, un très jeune quatuor Dannois qui ne fait pas dans la dentelle. Ayant bénéficié d’un gros buzz sur la scène indie ces deniers mois, on s’attendait à une musique un peu plus évoluée que celle là. Iceage, c’est en fait du punk-noise brouillon et très basique. Un mur de son et de distorsion dont rien ne ressort, ni mélodies, ni instruments, ni voix, juste de la bouillie… C’est vite très ennuyeux et sans intérêt,  la moitié du public ira patienter dehors.
Patienter jusqu’à la tête d’affiche de la soirée, l’évènement de cette fin de saison à Stéréolux, j’ai nommé Thee Oh Sees ! Le quatuor de San Francisco commence tout juste sa longue tournée européenne. On découvre quatre personnages souriants et attachants. En retrait, on trouve le batteur et une belle brune aux choeurs/tambourin/claviers. Au nez de scène, le chanteur guitariste est à jardin, portant très haut une guitare à la coque transparente, avec derrière lui deux amplis Fender Twin posés l’un sur l’autre et une enceinte supplémentaire par dessus. L’autre guitariste à cour, a un look de skin avec tête rasée, bretelles et tatouages qui lui montent dans le cou comme une plante grimpante.  Il joue en fait la basse du groupe, se contentant de frotter avec précision les deux cordes du haut. On peut dire tout de suite que ce concert était gigantesque et restera surement dans la mémoire de chaque spectateur présent.
Thee Oh Sees nous ont littéralement envouté avec leur mélange de garage incendiaire, de pop nasillarde et de blues psychédélique. Un rock fiévreux, très complexe et technique, lancé comme un train à pleine vitesse qui vous embarque irrésistiblement. La setlist est surtout composée de titres des deux derniers albums, Castlevania et Carrion Crawler/The dream mais les morceaux sont tous rallongés par de longues montées en puissance. Avec des arrangements complétement alambiqués et hallucinogènes, la fin du concert emmène le public dans une véritable transe collective. Ca pogotte sévère dans les premiers rangs, à l’arrière certains ferment les yeux, hypnotisés par cet imparable mur de son. Fin de la performance après 1h15 de show et deux morceaux en rappel, les lumières se rallument, l’audience redescend sur terre. Pas facile car avec ce rock bouillant, rapide et inventif, Thee Oh Sees nous ont  emmené très très loin, un concert exceptionnel.

www.theeohsees.com

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