Retour sur la 23ème Route du Rock de Saint-Malo !

Ca y est, c’est déjà fini… La Route du Rock de Saint-Malo, c’est un peu comme Noël quand on est gosse, on l’attend de pied ferme, ça passe à une vitesse folle pis après faut attendre un an pour que ça recommence… snif, c’est dur la vie des fois. Enfin cette année, on a pas attendu pour rien, car cette édition restera dans les mémoires, peut être comme celle d’un certain renouveau pour le festival.

Premier point, il y avait beaucoup de monde dans le fort Saint-père cette année et ça fait bien plaisir. Oublié le terrifiant souvenir du dimanche de l’année dernière, ou quelques 2500 festivaliers se perdaient dans ce site qui peut en accueillir 12000. La fréquentation en forte hausse (21500 entrées payantes contre 12000 l’an dernier) va visiblement permettre au festival de perdurer. Rock Tympans, l’asso organisatrice, a déjà donné rendez vous pour la 24ème édition les 13, 14, 15 et 16 aout 2014.

Deuxième point, qui a son importance vu le passif du festival, la météo a été clémente. Un jeudi très ensoleillé et tout juste quelques gouttes les vendredi et samedi soir, juste comme ça, pour nous faire peur et faire retomber la poussière.

Troisième point, la musique bien sur ! La programmation très intéressante a été à la hauteur du buzz qu’elle suscite depuis plusieurs mois. Il y a toujours des déceptions et des choix artistiques incompréhensibles mais globalement tous les groupes ont trouvé leur public et sont repartis avec le sourire aux lèvres, à l’image des Bass Drum of Death qui postaient hier sur leur page Facebook « One of the most fun shows we’ve ever played! ».


Quatrième point, c’est l’année des nouveautés et c’est bien que le festival cherche à évoluer, même s’il ne trouve pas toujours… Pour la première fois, une soirée d’ouverture se déroule le mercredi soir à La Nouvelle Vague, la salle rock de Saint-Malo, gérée elle aussi par Rock Tympans. Gros succès car elle a affiché complet avec Clinic, Austra et Julia Holter. Deuxième nouveauté, la minuscule petite scène habituellement placée derrière la régie se retrouve agrandie et placée vers l’entrée du site. Et là on peut dire que c’est un peu l’échecQuand cinq ou six mille personnes essayent de rentrer dans un espace qui peut en contenir peut être deux mille et qui se situe en plus dans l’entrée, forcément ça coince, ça bouscule, personne ne voit rien et tout le monde rouspète, normal. Et oui, le public de la Route du Rock est très curieux et il veut tout voir, même les plus petits groupes dont certains sont très attendus. Donc pour la deuxième scène, encore un effort, on y est presque.


Jeudi 15 aout

On commence en douceur avec le jeune hollandais Jacco Gardner qui monte sur la petite scène à 18h30 sous un soleil radieux. Entouré de deux musiciens, l’auteur de l’un des meilleurs albums de l’été ne déçoit pas en déroulant les titres de son excellent album Cabinet of curiosities et ses perles de pop sixties psychédélique. Sur la grande scène, le quatuor danois Iceage envoie leur incompréhensible mélange de hardcore et de rock indé, avec un chanteur qui beugle de manière très désagréable, bref c’est un peu dur à cette heure là et c’est surtout pas terrible.
Les suivants auraient bien mérité une place sur la grande scène. Le duo psyché californien Moon duo, accompagné d’un batteur, donnent un excellent concert, fidèle à l’esprit hallucinogène de leur album Circles. Malheureusement il y a bien trop de monde à cette heure devant le petit podium et il faut se contenter de deviner ce qui se passe sur scène, avec en plus le soleil couchant en pleine figure c’est pas facile… Une bonne surprise à suivre avec les Local Natives et leur chanteur qui assume toujours cette épaisse moustache. Leur musique est aussi gentillette que sur disque mais ça passe bien mieux en live grâce à un set carré, très pro et très généreux.
La tête d’affiche du week-end prend ses quartiers sur la grande scène. Nick Cave and the bad seeds ne sont pas venus seuls, ils sont entourés par une armée de techniciens et suivis par une semi-remorque de matériel. Le show est tout simplement époustouflant, les lumières sont splendides, le son est sauvage dès la montée en puissance de Jubilee Street jouée en deuxième. Le dandy australien n’hésite pas a fendre la foule des photographes et passe beaucoup de temps près des premiers rangs, juché sur les barrières. Push the sky away est jouée en dernier pour faire retomber la pression et le groupe de vieux rockers en costard s’envole après juste une 1h10 de set. Un peu court mais très très intense !

On redescend très bas en suite avec le set décevant des !!!(chk chk chk). Les new-yorkais ont mal digéré le changement de line-up des dernières années (deux batteurs morts et trois départs) et le groupe n’est plus aussi brulant que lors de son dernier passage au festival 2005. On est passé d’un punk funk incendiaire a une électro plate et ennuyeuse, emmenée par un chanteur en caleçon de bain qui se déhanche comme un fou, mais qui peinera a emmener le public avec lui.
On ne verra malheureusement pas Electric Electric, qui termine sur la petite scène, avant que le duo Fuck Buttons n’achève cette première soirée. Nappes bruyantes et hypnotiques, électro noise abstraite, une musique jouée avec de nombreuses machines sans aucun ordinateur, ce n’est pas du tout dansant mais le public est emmené dans une belle transe grâce à un très beau show lumière et vidéo.

Vendredi 16 aout

Pas rigolo ce début de journée sur Saint-Malo. Un épais crachin enveloppe le ciel avant de se transformer en pluie déprimante. Il n’y a pas grand monde à la plage et la conférence de Christophe Brault sur le garage rock fait le plein. Heureusement tout va s’arranger et le soleil revient pour l’une des révélations de cette édition, Jackson Scott. Le jeune américain surprend par la maturité de ses compositions pop lo-fi. Le son est beaucoup plus saturé et rythmé que sur les quelques morceaux disponibles sur le net. Accompagné de deux petits copains batteur et bassiste, il impressionne le public qui l’ovationne après chaque morceau. A revoir en cloture du Soy Festival le 3 novembre au Lieu Unique.

Sur la grande scène Woods prend la suite pour un agréable moment de folk rock bien sage avant de laisser la place a Efterklang. Musique difficilement qualifiable que celle de ces danois, emmené car leur chanteur souriant en costume beige et noeud pap. Pop songs orchestrales avec choeurs d’opéra, c’est assez déroutant et pas franchement emballant même si ils sont très sympathiques et ravis d’être là.

Les Allah Las embrayent sur la petite scène avec leur délicieux son revival des sixties qui rappellent les Animals et les groupes garage de l’époque. C’est déjà vu, déjà entendu mais c’est frais et plutôt bien fait. La messe peut ensuite commencer sur la grande scène avec l’arrivée du collectif de Montréal Gospeed you ! Black emperor. Ils nous avaient bien emmerdé endormi au Soy festival l’an dernier avec leur mur de son hypnotisant, leurs morceaux de 25 minutes, jouant dans le noir avec des projections en 16 mm derrière eux. Et bien là c’était pareil, pendant une heure et demie. On adore ou on déteste, mais ça aurait pu être pire, il aurait pu pleuvoir.

La libération arrivera d’un trio du Mississippi qu’on vous passe régulièrement dans nos playlists, Bass Drum of Death ! Enfin un vrai concert de rock, simple, efficace, nerveux, qui ravit tous les headbangers des premiers rangs. John Barret au chant/guitare et ses coéquipiers bassiste et batteur nous offrent un grand moment de revival grunge. Nirvana n’est parfois pas très loin avec ces pop/punk songs parfaites et ce batteur qui frappe comme le Dave Grohl de la grand époque. Ils enchainent sur la fin les deux tubes du dernier disque, Shattered me et Crawling after you qu’ils font durer et monter en puissance. Bonheur, joie, merci les amis.

Brutale chute avec la cloture de cette soirée qui restera comme la faute de gout du week end, le duo TNGHT. Deux types devant des macbooks qui jouent un horrible mélange de grime, booty, dubstep, hip hop avec des samples de voix r’nb au vocoder… Bref c’est la catastrophe totale et on ne sait plus si on est a la fête de fin d’année de Fun radio ou sur un évènement majeur du rock indé. Incompréhensible.

Samedi 17 aout

C’est déjà le dernier jour de cette 23ème Route du Rock et ça commence de manière assez soporifique avec Widowspeak. Leurs ballades toutes calmes et leur reprise de Chris Isaak n’aident pas vraiment à se mettre dans l’ambiance. Junip prend la suite sur la grande scène et José Gonzales et ses musiciens offrent un magnifique moment au public. C’est tranquille aussi mais très classe et très fidèle au superbe dernier album sorti au printemps. Les singles Your Life Your Call et Line of fire sont enchanteurs, c’est l’un des seuls groupes du week-end qui fera un rappel.

Les petits poucets du festival sont français, ce sont les Caennais de Concrete Knives et c’est leur tour de défendre leurs pop songs sur la grande scène. Ils n’auront pas à rougir de leur prestation tant le public est rentré dans leur musique pleine d’énergie positive et de fraicheur. Un gamin est dans la fosse des photographes avec un casque anti-bruit sur les oreilles, c’est surement le fiston d’un des musiciens et il finit par venir faire les choeurs sur Roller Boogie, un moment très frais, très fun.

Au loin Parquet Courts à l’air de s’en sortir pas trop mal mais y en a marre de cette petite scène ou l’on ne voit rien du tout. La suite ce sera le combo australien Tame Impala. Ils en ont fait du chemin ces petits jeunes depuis leur passage au Lieu Unique en 2010. Désormais tête d’affiche dans le monde entier, on les retrouve beaucoup plus matures et expérimentés. Le show commence par leur vieux tube Why won’t you make your mind qui prend du temps à monter et fait exulter les fans. Un réalisateur machiste s’empresse d’ailleurs de montrer les jolies filles des premiers rangs sur les écrans, gros lourd va. Le groupe de Kevin Parker emmène le fort dans un tourbillon psychédélique avec des hauts et des bas, on peut se laisser emmener assez loin comme s’ennuyer profondément. Un écran derrière est censé passer des formes hallucinogènes mais ça ressemble plus au Média player de Windows 98… Un concert en demi-teinte donc.

Dernière tête d’affiche du week end, les londoniens Hot Chip envahissent le plateau avec toutes leurs percus, machines et claviers. On sent dès le début que ce sera un grand concert tant Joe Goddard et ses potes semblent avoir la forme et l’envie d’en découdre. Avec leur son unique, rétro-futuriste, entre pop et électro instrumentale, Hot Chip a littéralement retourné le fort, transformé en dancefloor géant. Tous les tubes y passent, One life stand, Over and over, Ready for the floor, Hold on et I feel better achèvent le public qui n’en espérait peut être pas tant. Un très beau final pour cette édition car pour nous le festival s’arrête là, Disclosure et son électro de discothèque anglaise n’a, au même titre que TNGHT, rien à faire ici.

Merci Rock Tympans pour cette très belle édition, merci de continuer à nous concocter ce précieux et indispensable festival, sur lequel flotte ce doux parfum de vacances, ne changez rien (sauf la petite scène) et à l’année prochaine.

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