Livereport ! Von Pariahs @ Stéréolux !

Il y avait un bel évènement du rock local cette semaine a Nantes. C’était jeudi soir dans la salle micro de Stéréolux, la petite, celle qui ressemble tellement au vieil Olympic. Malgré d’autres soirées le même jour au Pôle étudiant et au Remorqueur, une foule se masse devant les portes et remplit le club comme un oeuf. Car l’évènement est de taille, ce soir c’est le retour au bercail du gang rock Vendéo-Nantais Von Pariahs.

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En première partie le groupe a invité Fat Supper, des camarades rennais qui montent sur scène vers 20h45. Les quatre musiciens ont de la bouteille, ils viennent tous d’autres groupes qui ont roulé leur bosse comme Léo88man, Montgomery, Fordamage… Ils ont participé aux dernières Transmusicales, sur la scène de l’Étage, regroupant les nouveaux groupes de l’ouest. Malgré cela, voici typiquement le genre de groupe dont on sait pas quoi penser…

On entend une sorte de mélange difficilement identifiable, entre ballades rock et morceaux a la limite du stoner. On reste même dubitatif devant Back to the flesh, un étrange morceau au chant hip hop que Pavement aurait pu composer sur la fin de sa carrière. Les guitares sont souvent lourdes, la voix est très rocailleuse, la batterie est renforcée par un deuxième set de percussions frappées par le clavieriste. Leur musique laisse  un peu de marbre, le set est plutôt monocorde et on ne retiendra finalement pas grand chose, à part le très bon single Surrogate. Le public  semble, comme nous, pas vraiment conquis et applaudi poliment.

Le temps fort de cette soirée arrive enfin quand les six Von Pariahs prennent possession du plateau. On vous a souvent parlé de ce groupe dans ce blog, que ce soit dans les playlists ou dans les livereports. Un soir de mai 2012 notamment avec un concert mémorable au regretté Stakhanov. Quelques mois plus tard ensuite, aux 34èmes Rencontres Transmusicales de Rennes, ou le groupe a pris ce soir là une dimension nationale, voire internationale. Leur excellent album, Hidden Tensions, est sorti entre temps après des mois d’attente, peut être le meilleur album de rock « français » sorti en 2013. Ils nous reviennent aujourd’hui fort de dizaines et dizaines de concerts aux quatre coins de la France. Ce soir le groupe joue a domicile et entend bien en mettre plein les oreilles du public nantais.

Et qu’il parait loin le temps ou Sam, le chanteur anglophone, peinait a regarder le public dans les yeux. Éternelle veste en jean sur le dos, il harangue la foule, provoque, se contorsionne, complètement habité par les morceaux. Les deux guitares et le chant sont en première ligne, batterie, basse et claviers font bloc derrière. Même si les musiciens ne se regardent jamais, l’ensemble joue avec une précision redoutable. Ils semblent clairement avoir gagné en maturité après avoir brulé les planches de tant de clubs et de festivals.

Trippin, Gruesome, Still Human, le combo enchaine tubes sur tubes, et les supers singles Skywalking et Someone New sonnent déjà comme des classiques aux oreilles des nantais. On retrouve toujours avec autant de plaisir leurs influences, The Cure, Joy Division, Gang of Four, New Order… Tout l’album y passe devant un public en feu, qui retrouve parfaitement l’univers sombre et incendiaire du disque. Le concert est nerveux, brulant. On passe d’un post-punk tendu, au ton presque martial, à des moments beaucoup plus légers, plus pop, en passant par du shoegaze bruitiste, avec grosses distorsions et larsens. La pression retombe un peu en milieu de set grâce aux plus lents Carolina et Under the guns. Deux excellents nouveaux morceaux se glissent dans la setlist, donnant l’impression qu’ils pourraient continuer à écrire des tubes indéfiniment. Le nouveau Take Control par exemple, se termine avec un a capella du chanteur sur l’hymne du Liverpool FC, You’ll never walk alone, qui nous envoie un peu plus de l’autre coté de la manche. « Si vous nous connaissez, vous savez qu’on ne fait pas de rappels ! », ça sent déjà la fin, après environ une heure de concert. Tout le clan se resserre, formant un arc de cercle autour de la batterie, avant d’exploser pour un dernier morceau plein de pressions et de dépressions, qui tiendra le public en haleine pendant de longues minutes.

Ils posent les instruments et s’approchent du nez de scène pour un échange d’applaudissement avec l’audience. Les  musiciens sourient enfin, surement soulagé d’avoir assuré devant le public local. Nous on a pris une belle claque en tous cas, pas déçu par l’une des valeurs les plus sures de la scène nantaise. Vous n’étiez pas à ce concert ? Rassurez vous ils passeront bientôt près de chez vous et surement dans d’innombrables festivals d’été. En tout cas c’est tout le mal qu’on leur souhaite. A bientôt Von Pariahs.

www.fatsupper.bandcamp.com
www.vonpariahs.com

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