Livereport : Arcade Fire au Zénith de Paris !

Parfois la vie est cruelle, la vie est injuste. Parfois on peut constater qu’effectivement le monde se divise en deux catégories : ceux qui ont une place pour le concert d’Arcade Fire à Paris le 03 juin dernier et ceux qui n’en ont pas. Notre ami Gaël B, journaliste nantais, était dans la première catégorie et nous raconte ce concert d’exception.

arcade fire - reflektor tour

La peur d’être déçu. Lorsque les ombres des membres du groupe ont commencé à se dessiner derrière le long rideau de flanelle tendu en travers de la scène du Zénith de Paris, ma plus grande crainte était d’être déçu. La faute à l’ampleur qu’ont pris les Canadiens sur la scène internationale. La faute au dernier album, plus dansant, moins rock et ( encore) plus ambitieux que les précédents. La faute à une tournée monstre qui les a emmené de l’Australie en Espagne, en passant par le Chili et les Etats-Unis. La faute à une présence médiatique écrasante, presque étouffante. Bref, la faute au succès (mérité). A quelques secondes de la première note, je jalousais celles et ceux qui ont eu la chance de les voir sur la scène de l’Olympic à Nantes en août 2005. Une envie d’intimité. L’envie de voir « mon » groupe.

 Lies lies lies lies lies

Justement le rideau s’écarte, les voilà. Enfin. Ils ouvrent avec « Reflektor » single du dernier album. Un titre tout en douceur, moins dansant que sur le disque et surtout raccourci de quelques minutes ( Bowie n’est pas là pour faire les choeurs). Le son est parfait ( et le sera pendant tout le concert) Mais la peur me reprend. C’est un tantinet poussif. Voilà. Je le savais, c’était trop beau pour être vrai. Arcade Fire est devenu une grosse machine. Le second morceau du set, « Flashbulb Eyes », lui aussi extrait du dernier Album, arrive et je reste, mi-inquiet mi-fasciné de voir en vrai ce groupe tant fantasmé. C’est toujours un peu scolaire, très propre. Et puis à la troisième chanson, tout bascule. La voix de Régine Chassagne s’envole et mes craintes avec elle. Arcade Fire joue « Neighborhood #3 ». Retour aux sources, 10 ans en arrière et « Funeral ». Ils enchainent avec « Rebellion ( Lies) » et emportent le public avec eux. Win Butler debout sur une enceinte de retour de scène tend le micro au public qui pendant plusieurs minutes va reprendre en choeur la litanie de ce tube du premier album « Lies lies lies lies lies ». Butler est ému et tout le monde sourit sur scène. Le lien crée avec le public ne se distendra plus.

 Deux heures de concert, 24 chansons

Le groupe a joué 24 chansons pendant plus de 2 heures. Des moments quasi « punk » comme sur « Month of may », ou « Normal Person » des envolées baroques et vertigineuses avec « No cars go », ou « Ocean of Noise », la noirceur jamais loin, la grâce de Régine Chassagne, discrète icône, venue un moment danser dans la fosse, le glamour kitch et un poil mégalo des mises en scènes autour du dernier album avec des danseurs et une chorégraphie quasi macarenesque pour « We exist »…Tout ce qu’on pouvait attendre d’Arcade Fire était au rendez-vous, jusqu’au final avec explosions et cotillons qui tombent du plafond sur « Here comes the night times » dans une ambiance de discothèque de bord de plage tropicale survoltée.

Bien dans son époque

La peur de l’excès, du groupe qui a pris la grosse tête et ne s’amuse plus sur scène, Arcade Fire l’exorcise et s’en amuse en reprenant et en parodiant Prince ou les Daft Punk, en se déguisant, en plongeant la tête la première dans le bain et dans leur époque, en batifolant dedans comme des gosses. Arcade Fire est un collectif. C’est le groupe tout entier qui crève la scène. Leur plaisir de jouer ensemble, leur plaisir de jouer pour des gens et l’impression qu’ils donnent de ne jouer que pour vous, procure un plaisir immense et intense. C’est confirmé Arcade Fire est le plus grand groupe du moment, ( du monde ?) et sans doute pour un petit bout de temps.

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La set list du mardi 3 juin 2014 au Zénith :

Reflektor
Flashbulb Eyes
Neighborhood #3 (Power Out)
Rebellion (Lies)
Joan of Arc
Rococo
Month of May
The Suburbs
The Suburbs (Continued)
Ready to Start
Neighborhood #1 (Tunnels)
Ocean of Noise
My Body Is a Cage
We Exist
No Cars Go
Haïti
Afterlife
It’s Never Over (Oh Orpheus)
Sprawl II (Mountains Beyond Mountains)
Get Lucky (reprise de Daft Punk)
Normal Person
Controversy (reprise de Prince)
Here Comes the Night Time
Wake Up

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